L'oeuvre est actuellement exposée à : La Bourdette

Type d'art :
Mixte
Thème :
Portrait.
Mots-clefs :
expression
sarcastique
humour
étrangeté
Dimensions :
40 X 40 X 2 cm
Description :

Portrait d'un homme, huile encre et Geso sur toile La peinture d'Alain Schrotter et ses couleurs sont particulières et reconnaissables. Il en est de même pour ses visages et leur expression. cependant ne nous fions pas au premier coup d'œil ; on peut avoir l'impression de les reconnaître pourtant, ils ne sont pas si simple que cela. On est devant des scènes, des constructions, disons des montages qui ne disent rien de ce qui se passe, et n'illustrent ni scénario ou histoire. Rie n'est expliqué. Le spectateur est convoqué, c'est à lui qu'il incombe de réagir. Alain Schrotter revendique une vision du monde radicale, sarcastique et insolente. Avec un certain humour ses tableaux peuvent troubler et inquiéter, car il tient à mettre en évidence un certain aspect grotesque des choses, rehaussé par certaines sensations d'irréalité de ce qu'il nous donne à voir. on y trouve aussi l'influence du cinéma expressionniste et du cabaret allemand qui utilisent la déformation, l'exagération et l'inversion. On a dans ses sketches emprunts d'étrangeté une déconstruction de la normalité. Alain Schrotter peintre figuratif, expressionniste et narratif, approuve Beaudelaire quand celui-ci écrit "Le comique n'est qu'une imitation alors que le grotesque est une vraie création". Seulement voilà, ce que ses tableaux racontent excède ce qu'ils montrent. Ils sont traversés et pétris dans une histoire personnelle parcourue de fantasmes et, sans doute, d'inconsolables douleurs. La peinture permet à Alain Schrotter, comme il le déclare, d'être en même temps "ancré dans l'histoire et détaché de l'histoire". Est-ce peut être là que résident aussi une sorte de secret et la raison d'être de sa peinture. L'essentiel n'est pas dans la représentation des personnages, mais dans le vide qui les entoure, ainsi que dans la transparence des fonds de cette couleur jaune qu'il emploie presque systématiquement symbolisant pour lui l'absence, celle de décors, celle de la vie comme contrepoint à ce qu'il nomme "une réversibilité de la représentation". Pas étonnant non plus qu'il cite Bernard Lamarche-Vadel ; "Au delà du visible, l'art demeure l'expérience radicale de la réalité, c'est pourquoi il regarde l'invisible, l'infini et l'immaîtrisable".   C'est parce que la peinture d'Alain Schrotter interroge qu'elle ne peut laisser indifférent. C'est parce que je crois qu'un discours sur la peinture n'est qu'un discours sur la peinture, et qu'il ne remplace en rien le peinture, que je vous invite à oublier mes mots et d'aller rencontrer la peinture d'Alain Schrotter. (Jean Claude Bourdais in In Situ, In Fine, In MMXV)